Ballata vient travailler les potentialités sonores, vocales et narratives apportées par le répertoire médiéval. Potentialités inspirées par l’Histoire, ses questions ouvertes, ses rares certitudes et ses sources éparses, dont il en jaillit néanmoins des éclats, des résonances avec notre paysage musical contemporain. Un langage musical et poétique presque exotique donc, tant la distance temporelle a effacé pour bonne part ce qui en constituait l’essence.

Ballata sait se jouer d’un certain Moyen Age idéalisé, tout en portant un projet s’appuyant sur de solides fondements musicologiques et par une réflexion de long terme sur l’archéo-lutherie et les instruments alors en usage. A cet égard, un large instrumentarium vient colorer les prestations de l’ensemble : vièles à archet, flûtes à bec, qanun, psaltérion, clavisimbalum, organistrum, luth, guiterne, vibrations de cordes et de corps dont les métissages sonores tissent un univers musical singulier.

Ballata, c’est aussi une voix, un chant dont les accents narratifs assumés, presque théâtraux, viennent porter le texte et souligner son sens, tantôt badin, courtois ou recueilli. Cette palette d’expression vient se mêler aux instruments, dans les répertoires allant des vers énamourés des premiers troubadours jusqu’aux polyphonistes franco-flamands.

Ballata a été créé en 2012 par Baptiste Chopin et est porté par des musiciens dont la diversité des parcours vient valoriser leur spécialisation dans ce répertoire. L’ensemble mène aussi bien des activités de concerts que des projets aux perspectives culturelles plus larges, s’associant à des conservatoires, écoles de musique, collèges, Archives Départementales et Ehpad pour diffuser plus largement ces musiques qui savent toujours nous toucher et nous émouvoir.

Baptiste CHOPIN

Baptiste CHOPIN

direction, qanun et clavisimbalum

Musicien curieux et ouvert à de nombreux styles de musiques, il a côtoyé les musiques médiévales depuis près de quinze ans en tant que chanteur, chef de chœur ou musicologue. C’est maintenant sur le qanun (sorte de psaltérion arabe, de cithare) et sur le clavisimbalum (petit instrument à clavier ancêtre du clavecin) qu’il s’épanouit dans ce répertoire. Souvent associé dans l’ensemble Ballata aux parties de contratenor, il vient ponctuer le discours de décalages rythmiques qui viennent souligner les autres parties. Il a pu bénéficier de l’enseignement et des conseils de grands noms de ce répertoire : Francis Biggi, Lucien Kandel, Marc Desmet, Jean-Yves Haymoz, David Chapuis, Barnabé Janin… Il se produit notamment au sein des ensembles Lucidarium, Canticum Novum ainsi qu’aux côtés de Jessica Baran-Surel. Titulaire d’un diplôme de Master de Musiques médiévales délivré par la Haute Ecole de Musique de Genève, il enseigne la Formation musicale au Conservatoire d’Annecy depuis 2005 et y est nouvellement chargé de l’enseignement de l’histoire de la musique médiévale.

Nicolas ZORZIN

Nicolas ZORZIN

flûtes à bec

Musicien virtuose et polyvalent, il s’épanouit non seulement dans le large répertoire des musiques anciennes, mais aussi dans les musiques traditionnelles européennes et plus précisément françaises et irlandaises. A l’intérieur de l’ensemble, il apporte une riche palette de sonorités, tout en mettant en avant les mélismes et diminutions (sorte de commentaire musical et virtuose d’une partie mélodique) propres à ce répertoire. Titulaire du Diplôme d’Etat de Musiques anciennes et également diplômé en Musiques médiévales, en Pédagogie et en Flûte à bec par le Centre de Musiques Anciennes de la Haute Ecole de Musique de Genève, il a notamment enseigné cet instrument au CRR d’Annecy. Artiste freelance, il participe régulièrement à des concerts et des festivals en France et en Europe à travers plusieurs formations dont le Rural Café Original Folkestra, l’ensemble Quasimodal, La compagnie de l’Aloëte… Il est le fondateur du groupe de musiques irlandaises Dushlan.

Amandine LESNE

Amandine LESNE

vièle à archet

Diplômée du CRR de Paris et titulaire d’un Master d’interprétation spécialisé délivré par la Haute Ecole de Musique de Genève en viole de gambe, elle a notamment enseigné cet instrument au CRR d’Annecy. Elle se produit régulièrement dans plusieurs ensembles dédiés aux musiques médiévales, de la Renaissance et de l’époque Baroque. Souvent associée dans l’ensemble à la partie dite de Tenor, son rôle de soutien à l’architecture des pièces proposées, combiné à un sens du phrasé peu commun en font un pilier de l’ensemble.

Marie-Pierre DUCEAU

Marie-Pierre DUCEAU

chant

Aussi à l’aise dans le répertoire médiéval que dans les cantates de Bach ou dans le répertoire des musiques actuelles, Marie-Pierre est toujours attachée à la valorisation du texte des chants proposés. Les compositeurs médiévaux sont souvent des poètes, et Marie-Pierre intègre cet aspect narratif et poétique au cœur de son travail, tout en ciselant les nombreux mélismes qui ornent les mélodies d’alors. Titulaire d’un Master d’interprétation spécialisée délivré par la Haute Ecole de Musique de Genève, elle a dirigé plusieurs établissements d’enseignements artistiques en France et en Suisse et a également enseigné le chant à diverses reprises. Elle a chanté notamment avec les ensembles Lucidarium, Aquilegia, et l’Ensemble Swellinck de Genève. Elle développe dernièrement un nouveau projet : Il était deux voix.

Dana HOWE

Dana HOWE

luth

Après des études de guitare classique, Dana Howe étudie la musique ancienne et le luth au Centre de Musique Ancienne de Genève (HEM), où il obtient un Bachelor et un Master dans la pratique des instruments à cordes pincées anciens, ainsi qu’un Master d’enseignement instrumental. En parallèle de son activité pédagogique, il donne des concerts en soliste ainsi qu’au sein de plusieurs ensembles, en Suisse et à l’étranger. Il joue de nombreux instruments de la famille du luth et des guitares anciennes, pour des répertoires allant du Moyen- Âge jusqu’à la fin du 18ème siècle. Au sein de Ballata, le luth trouve notamment sa place dans le répertoire du Moyen Age tardif, se prêtant aussi bien aux parties mélodiques qu’à celles de Contratenor, venant enrichir les longues résonances harmoniques du qanun.

Vendredi 4 mai, 12h15 Sainte Chapelle de Chambéry (Savoie)

Programme Au douz mois de mai

Vendredi 6 juillet, 21h Abbaye de Aniane (Hérault)

Programme Au douz mois de mai

Mardi 7 août, 11h église de Dullin (Savoie)

Dans le cadre du festival des Nuits d’Eté

Programme Au douz mois de mai

Jeudi 4 octobre, 20h30 Temple d'Alès (Gard)

Dans le cadre de la 7e Semaine Cévenole d’Alès : Au coeur du Moyen Age

Programme instrumental Au douz mois de mai

LE QANUN

LE QANUN

Le qanun, instrument de la famille des cithares à cordes pincées, est un instrument d’origine arabe attesté au moyen-âge dès le XIème siècle. On le retrouve en Europe, sous différents noms : canon, micanon, et il s’apparente à un instrument qui traverse l’instrumentarium médiéval du XIIème au XVème siècle : le psaltérion. L’instrument dont joue Baptiste Chopin est originaire d’Egypte. C’est un instrument moderne toujours largement utilisé dans la musique populaire et classique arabe, turque et jusque dans le golfe persique. Ses caractéristiques organologiques proches du psaltérion médiéval en font un des piliers de l’expérimentation sonore et musicale de l’ensemble Ballata.

Dans le répertoire médiéval, il trouve sa place dans divers rôles : accompagnement de monodies, parties rythmiques de contraténor et voix plus chantantes. Bien que s’agissant d’un instrument moderne et extra-européen, cet instrument est envisagé par Baptiste Chopin comme un terrain de recherches pour découvrir les modes de jeu et possibilités sonores du psaltérion médiéval.

LE CLAVISIMBALUM

LE CLAVISIMBALUM

Le clavisimbalum est un psaltérion auquel on a adjoint un clavier et un mécanisme permettant de pincer les cordes. Instrument rare, Baptiste Chopin a souhaité faire construire un instrument de ce type par le facteur de clavecin David Boinnard, en s’appuyant sur le plan élaboré au début du XVème siècle par Arnaut de Zwolle.

Le répertoire de prédilection de cet instrument se trouve dans les premiers recueils de musiques pour clavier (Codex Faenza et Buxheimer Orgelbuch), mais il sait aussi se fondre dans le riche répertoire de polyphonies sacrées ou profanes qui jalonnent l’histoire musicale du Moyen-Age. Il garde du psaltérion le charme des longues résonances et permet tout l’éventail du déploiement chromatique.

LES FLÛTES À BEC

LES FLÛTES À BEC

Réalisées par le facteur canadien Bob Marvin, les flûtes de Nicolas Zorzin sont créées d’après les instruments représentés dans l’iconographie médiévale. De la soprano à la ténor, en passant par la fameuse flûte double, fabriquées d ‘après un original trouvé lors de fouilles archéologiques près d’Oxford, ce consort complet offre une large palette de sonorités et de couleurs. Ces instruments ont connu les doigts experts de Gabriel Garrido et Lorenzo Alpert, et on peut les entendre dans les premiers enregistrements de Jordi Savall avec Hespérion XX.

Au Moyen-Age, la flûte est un instrument omniprésent, virtuose, utilisé par bien des musiciens et elle peut tout aussi bien mener la danse et s’insérer avec bonheur dans un répertoire plus savant. Sous les doigts de Nicolas Zorzin, ces flûtes apportent tantôt virtuosité, dynamique, rondeur et couleurs chatoyantes à l’ensemble Ballata.

LA VIÈLE À ARCHET

LA VIÈLE À ARCHET

Instrument de la famille des cordes frottées très présente au Moyen-Age, la vièle à archet d’Amandine s’approche de la forme et du mode de jeu des prémisses de la viole de gambe. Forme spécifique, cordes en boyaux et archet courbé sont autant de caractéristiques qui donnent à l’instrument sa sonorité particulière. Souvent associée dans l’ensemble à la partie dite de Tenor, la vièle assure ainsi la cohésion sonore de l’ensemble. Amandine Lesne dévoile sur cet instrument son sens du phrasé, du rythme, ainsi que son agilité et son expression proche d’une couleur vocale.

AU DOUX MOIS DE MAI

Le mois de mai se prête au Moyen-Age à d’infinies variations littéraires et musicales sur le thème du renouveau amoureux, sur la vie qui renaît et reprends ses droits. Cette thématique traverse les époques, les styles, les écoles, depuis les vers énamourés des premiers troubadours jusqu’aux polyphonistes franco-flamands, en passant par les riches motets du XIIIe siècle. Cela fait également écho à une tradition chancelante mais encore vivace dans certains villages de France :  » aller passer le mai « , tradition déjà décrite par Charles d’Orléans au XVe siècle. Alors que la nuit tombe lors du dernier jour d’avril, les jeunes gens se rassemblent et s’en vont chantant un répertoire ad hoc. S’arrêtant devant chaque maison et durant toute la nuit, ils demandent à qui veut bien « lever la tête du coussin » quelques denrées liquides ou solides, tout particulièrement des œufs.
C’est ce double héritage que l’ensemble Ballata souhaite valoriser dans ce programme printanier associant un large répertoire médiéval aux chansons qui ont animées les rues de bien des bourgades d’antan à la veille du mois de mai.

BAPTISTE CHOPIN, directeur artistique // +33 (0)6.88.88.84.97 // contact@ballata.net